La mode en seconde main… pourquoi, comment et à quel prix ?

Quand on commence à sérieusement vouloir protéger l’environnement, cibler ses objectifs est sans doute une des meilleures choses à faire. Par quel moyen polluez-vous le plus ? Il y a de grandes chances que vous me répondiez «par l’alimentation». En effet, la consommation de certains produits, dans certains lieux, emballés d’une certaine manière et l’énergie que cela met en œuvre pour être produit et les déchets générés sont non négligeables. Mais il y a un autre danger pour la planète que l’on mentionne de plus en plus : la fast fashion.

Celle-ci soulève en plus des questions d’éthique. Les personnes qui fabriquent ces vêtements travaillent dans des conditions inadmissibles, mettent leur santé en danger et ne gagnent pas assez pour subvenir à leurs besoins et ceux de leur famille.

Dès lors, que faire ? Cela signifie-t-il que vous ne devez plus acheter de vêtements ou adopter une garde-robe minimaliste, telle celle de Béa Johnson ? Non, non et non. Bien que j’admire cette dernière, cette garde-robe ne se retrouvera chez vous que si vous le décidez, et ce, en avançant à votre rythme. Mais elle n’est pas une condition sine qua non du mode de vite zéro déchet, que je préfère souvent appeler «slow waste». Ni d’une manière de consommer plus respectueuse de la vie en général. Tous les fashionistas qui me lisent peuvent respirer.

Je pense en effet qu’il serait dommage de répandre l’idée que certaines passions sont incompatibles avec la réduction de sa consommation et de ses déchets. On a tous nos faiblesses et certaines font partie de nous. Pour ma part, ce sont les livres. Mais j’apprécie m’habiller de manière à exprimer qui je suis. Je ne suis pas au courant des dernières tendances mais choisir mes vêtements du jour après avoir passé des années à me cacher dans des fringues qui ne me correspondaient pas est une forme de libération (sortir dans un pull XXL et un vieux jean, démaquillée, en constitue une autre!)

C’est en cherchant mon style que j’en suis venue à la mode façon seconde main. En effet, la mode éthique neuve n’est pas possible pour le budget dont je dispose. Même si je songe de plus en plus à investir dans de belles pièces. Mais ce n’est pas le propos de cet article. Ici, je vais vous expliquer pourquoi j’en suis arrivée là et vous montrer des exemples de tenues 100% seconde main et du prix qu’elles m’ont fait débourser, ainsi que vous donner des pistes en fonction de ce que vous recherchez. Il y a des bonnes adresses et un récap à la fin de l’article. J’ai écrit l’article sous forme de questions, ainsi, vous pouvez zapper les réponses de celles qui ne vous intéressent pas.

Pourquoi le seconde main ? Acheter ses vêtements en seconde main est bénéfique sur plusieurs aspects. D’abord pour l’environnement, puisque ces vêtements ne demandent pas de nouvelles matière première, main d’œuvre et énergie, bref ils ne demandent pas à être produits. Il y a énormément de gaspillage, de vêtements à peine portés qui se transforment en déchets. Ils peuvent devenir vos nouveaux vêtements préférés. En achetant dans une friperie de votre ville vous encouragez également un petit commerce local et le type d’économie que vous voulez voir fleurir dans votre ville. Ensuite, pour votre santé. Les vêtements de seconde main ont déjà relâché une bonne partie des produits chimiques qui les imprégnaient. Petit rappel, neuf ou d’occasion, un vêtement doit toujours être lavé avant d’être porté. Acheter seconde main, c’est aussi une manière de ne pas cautionner les conditions de travail des employés qui produisent vos vêtements. Enfin, c’est un avantage pour votre porte-monnaie ! Vous allez vite vous en rendre compte.

On trouve quoi en seconde main ? De tout ! Aussi bien  des vêtements de marques de prêt-à-porter comme Zara ou H&M que des marques, voire du luxe. À vous les vestes Levi’s à 10/15€ (100/130€ neuves)… Et si vous avez l’image de vêtements vieillots, certes il y a des pièces importables, mais c’est aussi le cas de certaines pièces de chez H&M, just sayin’… Et elles ne constituent pas la majorité.

Béret de chez BESAP : 5€, t-shirt shoppé sur le Facebook Marketplace : 5€, pantalon Taifun de chez BESAP : 5€, j’ai le manteau depuis que j’ai 12 ans…

Seconde main = vintage ? Nope. Les vêtements vintage sont des pièces plus anciennes, parfois plus chères que le seconde main. Ce sont aussi des pièces assez stylées, parfois improbables, parfois intemporelles. Perso, ce qui me plaît dans le vintage, c’est de pouvoir porter une pièce forte avec une tenue plus classique, mais aussi l’incroyable qualité de vêtements pas si vieux que ça ! Parce que c’est aussi quelque chose d’important si vous faites attention à vos achats : la durabilité. Pour acheter vintage malin, je vous donne des adresses à la fin de l’article. Sinon, un bon plan pour shopper vintage pas cher : les ventes au kilo. Et pour finir, un bon plan qui a l’air bête mais pas tellement : fouillez la garde-robe de vos parents (avec leur autorisation)…

Est-ce qu’il n’y a que des vieux trucs qui puent la naphtaline ? NON. Oui, il y a parfois des vieilleries, mais il suffit de ne pas s’y attarder. Certains magasins/shops en ligne lavent et repassent les vêtements avant de les vendre (J’irai chiner pour vous par exemple).

Manteau en fausse fourrure de chez J’irai chiner pour vous : 28€, pull de chez J’irai chiner pour vous : 15€, boucles d’oreilles Des couleurs dans mon baluchon : 4€

Oui mais, je suis difficile, c’est déjà pas facile de trouver dans les magasins. Il y a toujours ta taille ? Non pas toujours, parfois j’ai une idée en tête pendant des mois (avoir une idée en tête pendant des mois permet de s’assurer que l’objet qu’on désire acquérir n’est pas une simple lubie) et je ne parviens pas à trouver ce que je cherche. Je suis alors tentée d’aller voir chez le diable (comprenez, une chaîne de prêt-à-porter). Mais je résiste et puis… MIRACLE ! UN PULL JAUNE MOUTARDE ! 10€ EN PLUS ! Cela fait partie du jeu, fouiner, chiner, remettre en question ses envies, débusquer… Si vous cherchez quelque chose de précis, un site comme Vinted peut s’avérer très utile.

Et pour les bijoux ? J’en ai trouvé beaucoup sur les brocantes, ça fait déjà un moment que je ne supporte plus les bijoux sans âme et s’oxydant super vite des grandes enseignes. J’ai chiné des bagues en bois à 0,50€, un collier en coquillages 2€, un pin’s vintage de palette de peintre à 1€… Je désinfecte les bijoux telles que les boucles d’oreilles avant de les porter ! Sinon, je me tourne aussi vers des créateurs ou des artistes comme Des couleurs dans mon baluchon, Miss Rosy, Hélène Jean-Bon

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Veste chinée au Rendez-vous vintage (vente au kilo) : environ 10€, t-shirt acheté sur une brocante : 1€, jupe shoppée sur Vinted dans la boutique de Fripes and love : 10€, sac et chaussures de chez Besap : 5€ chaque

Si j’achète en ligne, je fais comment pour échanger ? Renseignez-vous sur la politique de retours des sites où vous achetez. Certaines boutiques Vinted (dont celles que je cite en fin d’article) acceptent aussi les retours. Cependant, je n’ai jamais eu de souci même auprès de particuliers car généralement les vendeuses sont très à l’écoute pour me renseigner sur les mesures. N’hésitez pas à leur demander, mais aussi à checker leurs petites étoiles d’évaluation (et à leur laisser une note).

Oui mais acheter d’occasion, c’est pas un peu la porte ouverte à plein d’achats compulsifs ? Comme pour tout, il faut doser. Ne pas s’acheter 10 shorts en jean est déjà un bon point de départ. Ne pas s’acheter quelque chose qu’on risque de ne pas porter, comme une mini jupe mêmesielletropcanon alors qu’on en porte jamais. Avoir conscience que faire des économies c’est aussi ne pas s’acheter 20 t-shirts à 2€ sous prétexte que c’est pas cher. Il faut repenser sa consommation en termes de besoin et d’envie. Pour moi, une envie qui persiste peut-être satisfaite. Craquer en seconde main est toujours «moins pire». À chacun de fixer ses limites, ses besoins, ses coups de cœur, ses envies…

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Salopette shoppée sur Vinted : 5€, t-shirt shoppé sur le Facebook Marketplace : 5€, gilet chiné au Rendez-vous vintage : environ 5€, baskets en velours dénichées chez Arts et chiffons : 20€

Et l’écologie dans tout ça ? Le vêtement étant déjà produit, il ne nécessite pas de matière/énergie etc. pour être produit. Par contre, il en faut pour qu’il soit envoyé, si vous commandez en ligne. En privilégiant le transport par voie terrestre (cad en n’important pas des fripes des USA), on réduit déjà l’impact de son achat. Si vous êtes très à cheval sur certains principes achetez tout simplement en magasins physiques.

Si on n’achète plus qu’en seconde main, comment font les travailleurs pour vivre ? Déjà, je dirais que l’hypothèse que l’ensemble de la population achète en seconde main est impossible. Nous sommes des êtres humains, nous sommes très différents les uns des autres et avons par conséquent des opinions divergentes. En tout cas, le problème est la demande excessive de vêtements. C’est elle qui est responsable des conditions de travail impossibles à cause desquelles les travailleurs se blessent et s’intoxiquent (un documentaire éclairant ici). Afin de soutenir une autre économie, on peut acheter ses vêtements/bijoux à des marques qui respectent leurs travailleurs. Pareil si on soutient la petite friperie de sa ville. Pourquoi ne pas mixer les deux ? C’est l’idéal vers lequel je tends.

Et si je ne peux vraiment pas acheter en seconde main ? Quand il faut, il faut. Vinted peut vous aider à trouver quelque chose de précis, pensez aussi à emprunter, demander à vos amis. Mais je sais que certaines tailles sont plus difficiles à  trouver parfois. Ne vous rendez pas malade pour ça.

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Robe en velours vintage shoppée dans la boutique Vinted de Fripes and love : 25€, chaussures de chez BESAP : 5€

Par quoi commencer ?

  • Bonne nouvelle, le plus simple est de faire avec ce qu’on a ! Vous pouvez certainement tirer parti de ce qu’il y a dans votre garde-robe, j’adore fouiner sur Pinterest pour m’inspirer.
  • Ensuite, se débarrasser de ce qu’on a en trop. Entretenez vous aussi le circuit de la seconde main en donnant, prêtant, vendant. Ne culpabilisez pas pour des vêtements à peine mis que vous ne souhaitez plus. C’est déjà un grand pas d’en avoir pris conscience, vous ne le ferez plus. Mais ce qui est fait est fait et ce qu’il reste à faire c’est de permettre à ces vêtements c’est d’exister dans d’autres foyers, d’autres mains.
  • Revoyez votre manière de consommer, adaptez l’ancienne à vos nouvelles valeurs. Par exemple, je faisais régulièrement des virées shopping au cours desquelles je faisais des achats impulsifs inutiles. Aujourd’hui, je me récompense en surfant sur mes sites de fripes préfères ou par un passage dans ma boutique de seconde main préférée. Mais je n’achète pas systématiquement, pas tous les mois.
  • Ne plus faire les soldes (c’est les soldes toute l’année à partir de maintenant pour vous).

Pour finir, disons que le prétexte d’acheter en seconde main ne doit pas servir à acheter trois fois plus qu’avant. Mais si vous réduisez votre consommation, que celle ci se fait partiellement ou entièrement de seconde main, que vous pensez à acheter durable… C’est déjà du progrès. Cœur sur vous ❤

Petit récap :

J’ai un mini budget : Oxfam, Emmaüs, Les Petits Riens, brocantes, vide-dressings, certains magasins de seconde main…

Je veux être trop stylé / je cherche des pièces de qualité : friperies, friperies en ligne (certaines boutiques Vinted également), certains magasins de seconde main…

Je veux du choix : Vinted, Market Place Facebook…

Je veux absolument essayer : friperies, magasins de seconde main, Oxfam…

Mes adresses chouchous : BESAP (pour toutes les tailles, pour toutes les bourses, pour tous les styles !), Fripes and love (ta prochaine petite robe se trouve sûrement dans sa boutique), J’irai chiner pour vous (les pièces vintage les plus stylées et dénichées avec soin), Oxfam (où l’endroit dans lequel je trouve des t-shirts Kenzo à 4€…)… et je suis une amoureuse des brocantes (à toi les boucles d’oreilles à 10 centimes).

Mille mercis à Ranka Photography pour avoir pris toutes ces photos de moi en train de faire la poseuse dans mes fringues trop classes

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9 commentaires sur « La mode en seconde main… pourquoi, comment et à quel prix ? »

  1. Je suis dans la même démarche que toi, et je viens aussi d’acheter une salopette sur Vinted 😉 Il y a aussi le site Look Vintage qui a maintenant une ligne de vêtements vintage neufs aussi mais en édition limitée (cela dit c’est vraiment un style vintage qui n’est pas facile à porter pour tout le monde)

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  2. Et pour l’argument des travailleurs, c’est un argument sorti à toutes les sauces mais faut pas déconner : ce qui menace les travailleurs c’est la politique menée par leurs entreprises, les licenciements etc, pas les personnes qui achètent en seconde main !

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  3. Je suis une adepte des boutiques de seconde main depuis plusieurs années maintenant, et dans les 2 sens : à l’achat j’essaie d’y faire un petit tour plutôt que de foncer dans les boutiques classiques, et à la vente car il est toujours bon de récupérer quelques euros en vidant son dressing. Je suis vraiment fan de ce concept de slow waste, d’ailleurs de plus en plus de monde me demande mes bonnes adresses. On est sur la bonne voie 🙂

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